Georges Badin

La peinture de Georges Badin

Vide & calme par Armand Dupuy, Eric Coisel et Georges Badin

Ce livre comprend des textes manuscrits par Armand Dupuy, des photographies de Eric Coisel et des peintures originales de Georges Badin. 6 exemplaires dans la collection Mémoires d’Eric Coisel.

Se ramasser par Jean-Marc Undriener et Georges Badin

Pour Georges Badin par Max Fullenbaum

Il y a une étymologie du geste comme il ya une étymologie du mot. Et le geste est un palimpseste du mot, le mot est un palimpseste du geste. Ce que j’ai à dire se vide dans le recouvrement du geste par le mot, du mot par le geste et cet aboutissement est, sera absence d’un geste submergé, absence d’un mot non prononcé dans la persistance d’un silence dont le mutisme enrichit la durée. Le silence est ce vide habité par la transparence d’un souvenir mobile et immobile.
Si la toile est blanche, elle n’est pas vierge mais peuplée dans ses fibres d’intervalles d’ancrage qui font la chaîne pour parvenir à ce silence d’autant plus espacé qu’il remonte le temps , qu’il revient en arrière et donne à vivre un historique.
La rétroactivité de ce silence déclenche une vie en écho où rebondit le moi, l’émoi de l’autre. Le cœur bat le chronomètre à rebours et arpente les secondes à venir avec l’espérance d’un passé vécu au rythme accéléré de pulsations que le temps couve sous son poignet.
En ce qui s’émeut se meut dans ce qui se meurt.
En Silence

MAX FULLENBAUM

Le devenir de Georges Badin par Max Fullenbaum

En entrant dans l’œuvre de Georges Badin, m’est revenue une définition du tableau que je n’ai jamais oubliée.
La voici : « tableau, mots jamais dits que le peintre a trouvés et qu’il recouvre de peinture pour ne pas les nommer. »
Plus que le mot découverte, me disais-je, qui fait la notoriété de certains, le sésame des chemins solitaires ne serait-il pas la redécouverte,non-mot se devant, par vocation, d’être absent du dictionnaire ?
En effet, si le mot jamais dit n’était pas recouvert par un médium qui en soutire le suc, il cesserait immédiatement d’être tableau puisqu’il serait lu et que sa compréhension conviviale et unanime annulerait l’inexpérience en cours, en train de se faire. La peinture est un vocabulaire liquide qui inonde le sens littéral de luxuriance ou de désolation plastique, ou si on préfère une métaphore, la peinture est une essence qui embue l’œil imbu, celui qui lit, celui qui pense, en bref l’œil usé par un concordat, pour dégager l’œil vierge qui voit la première fois.
Telle fut la démarche, la marche en-dehors, de Georges Badin depuis ses Textructions des années 70 ; il a su montrer.
Montrer quoi ? Une inexpérience en train de se faire ou plutôt une inexpérience en train de se vivre.
Ce qui ne signifie point que Georges Badin ne s’est pas appuyé sur une solide expérience , plastique et littéraire, mais l’expérience est sociale tandis que l’inexpérience est individuelle. Sans le premier homme lui apportant l’inexpérience de sa première vie, l’expérience acquise par les générations se fige en un académisme mortel. L’inexpérience apporte la vie et avec la vie, la dissidence, le désordre fondamental.
Au tableau domestique paralysé par un châssis, par ses dogmes et par un mur, Georges Badin va opposer, avec ceux de support-surface, l’œuvre nomade en partance, l’œuvre portable, pliée car les plis sont des rides, foulée parce que la vie est mouvement, peinte des deux côtés parce qu’il n’y a pas d’endroit sans envers, fragmentée parce que le temps devient durée quand on capte l’entre-deux par la simultanéité des visions.
Il s’agit pour Georges Badin de substituer à l’être.
Il suffit de regarder Georges Badin peindre, allongé sur un drap signifiant. C’est un corps à corps, il fait le lit de l’amour, et les couleurs qu’il applique ne sont pas tant méditerranéennes que des couleurs vives, d’ailleurs elles sont liquides, elles enfantent des ouvertures, des couvertures.
Des couvertures… La mort en rouge et noir n’est jamais éloignée du drap car la première vie d’un homme se termine toujours par sa seconde mort.
« Pas de temps mort sur le sable blond de l’arène… » (1)
Oui, que du temps vivant sur la toile-corrida, inscrit jusqu’au bout de soi en couleurs affrontées…
«Pas de pauses. Pas de répit. Pas de négociations. Pas de querelles. » (2)
Car l’inexpérience vécue fondera, tôt ou tard, l’expérience modifiée : n’est plus le même, aujourd’hui, le châssis revenu qui n’en est pas revenu d’avoir pu disparaître.

(1) Georges Badin (extrait de Sur la tauromachie ou la corrida considérée comme l’inverse d’une installation)
(2) Georges Badin

MAX FULLENBAUM

Carnet de vent par Dominique Sampiero et Georges Badin

 Ce livre comprend des textes manuscrits de Dominique Sampiero et des peintures originales de Georges Badin. 3 exemplaires dans la collection Mémoire d’Eric Coisel

 

Petite chose par Armand Dupuy, Eric Coisel et Georges Badin

Petite chose, peintures de Georges Badin, photographies d’Eric Coisel, texte manuscrit par Armand Dupuy, 3 exemplaires pour la collection Mémoires d’Eric Coisel.

Donner corps à la fusion par Joël Bastard et Georges Badin

Ce livre comprend des toiles originales réalisées par Georges Badin et manuscrites par Joël Bastard.

DONNER CORPS À LA FUSION

Des jours et des jours à feuilleter l’éphémère.
À compter sur l’or, à égrener sa terre.
À rester debout interdits parmi les élans verticaux.

Aussi nous nous sommes couchés bien souvent
dans les pierres. La chair qui s’y trouvait
nous consolait des blessures.

Des jours et des jours à faire
et à défaire la trame des échanges.

Nous voulions plus de sperme et de cyprine
au contact des chers disparus.

Des jours et des jours à écarter
le grand rideau pour faire place
au jeu évident de la lumière.

Nous attendions la fin du spectacle
pour applaudir le sang, l’incertitude
et le balancier grinçant des sables.

Des jours et des jours à griffer nos organes
aux pontons de granit. À polir nos intentions.
À garder le secret de certains vocables.

Des jours et des jours à émietter le ciel.
À parler de ce qui n’a pas de raison.
À libérer l’armoire ancienne
de son ombre la plus lourde.

Nous aimions nous baigner dans le plus transparent.

Des jours et des jours à rougir devant l’impossible.
À tenter de passer par le repoussant, s’en convaincre.
À prévoir la plus proche souffrance
et son inéluctable empreinte.

Nous ne prenions plus le plus court chemin
pour aller du noir au blanc.

Des jours et des jours à dresser le tableau
pour parfaire l’orgasme de décorations inutiles.

Nous attendions sereinement le pire des ennemis.

Des jours et des jours à nous vautrer dans le cosmos.
À louvoyer dans l’espace, à perdre la raison.
À faire de la profondeur le trou noir d’un baiser.

Nous savions d’où nous venions. Ce qui ne nous
empêchait pas de tenter la cosmogonie intime et singulière.

Des jours et des jours
à discuter avec les flammes actives.
À brûler avec elles. À verser des larmes insignifiantes
pour tenter d’éteindre l’incendie.

Nous comptions sur le manque d’oxygène
pour donner corps à la fusion.

Des jours et des jours à combattre les fantômes.
À repousser les morts au fond de leurs os.

Nous espérions dévorer le visage de l’amour
avec l’espoir infantile de le garder au plus près.

Des jours et des jours à croiser nos accents,
nos vérités les plus fragiles, nos espoirs les plus provocants.

Nous exposions nos œuvres devant le plus grand nombre.

Des jours et des jours à perdre du terrain.
À voir s’avancer le manque d’aspect, le mur vide.

Achevé d’écrire le 29 mars 2013 en Beule par Joël Bastard

Toile libre chez Claudia et Alain Borer

Et n’y sommes-nous pas heureux comme penchés sur un Monet ?

Alain Borer

borer's house

 

Deuil par Hubert Lucot et Georges Badin

Ce livre sur Arches comprend 5 pages manuscrites par Hubert Lucot et des peintures originales de Georges Badin. Il a été réalisé le 28 février 2013 en deux exemplaires.

Bois, cartons entoilés, toiles éventails autour de la corrida